Tribune

Alain Damond
Directeur Associé Senior
Longtemps considérée comme un simple outil d’information descendant, la communication interne doit aujourd’hui se réinventer pour relever un double défi : capter l’attention dans un contexte d’obésité informationnelle et générer un véritable engagement des collaborateurs.
Un contexte saturé : quand tout est prioritaire, plus rien ne l’est
Les entreprises évoluent aujourd’hui dans des écosystèmes complexes, où les réorganisations, les nouveaux outils et les initiatives se multiplient. Dans ce cadre matriciel, la communication interne est souvent réduite à un canal d’accompagnement, chargé de dérouler des plans d’information.
Le problème ? L’excès de messages tue l’attention. Entre les injonctions au changement, les actualités business et les communications RH, les collaborateurs sont submergés. Ce trop-plein entraîne une érosion de l’impact : quand tout est prioritaire, plus rien ne l’est réellement. Gagner la bataille de l’attention n’est pas qu’un enjeu de communication externe, c’est aussi une véritable bataille pour une communication interne efficace.
Passer de l’information à l’engagement
La communication interne doit changer de posture. Son rôle ne peut plus être seulement de transmettre mais bien de connecter les collaborateurs à la vision et aux transformations de l’entreprise.
Cela suppose plusieurs évolutions majeures :
Alléger et hiérarchiser les messages pour éviter la surcharge : moins mais mieux.
Cibler et personnaliser les contenus en fonction des profils, des métiers et des centres d’intérêt: un manager de terrain n’a pas les mêmes attentes qu’un collaborateur en siège, un expert digital qu’un conseiller client. Adapter le ton, les canaux et les formats en fonction des audiences permet de maximiser l’impact comme pour l’externe.
Adopter un ton plus ‘publicitaire’, moins institutionnel, pour émerger et créer plus d’impact
Privilégier des formats modernes et immersifs, en s’inspirant des codes du digital: vidéos courtes, podcasts, storytelling et formats inspirés des media pure players digitaux. Certaines initiatives en sont la preuve : la radio moquette de Decathlon, qui valorise les équipes terrain et renforce le lien avec le quotidien des collaborateurs ; ou encore les podcasts de LVMH, qui mettent en lumière réussites et innovations à travers des récits inspirants.
Créer de la conversation plutôt que de la diffusion, en favorisant l’interaction et la contribution des collaborateurs – par exemple via des groupes WhatsApp dédiés à une problématique ou à une équipe.
S’appuyer sur des référents/ ambassadeurs : à l’image d’Airbnb, qui mobilise ses collaborateurs comme relais de communication et de culture, les entreprises doivent miser sur des relais humains de confiance.
Outiller et accompagner les managers : ils restent les premiers vecteurs d’information et de mobilisation. Une communication interne performante doit leur fournir contenus, formats et clés de lecture pour qu’ils puissent jouer pleinement leur rôle.
Mieux produire pour mieux engager
Derrière ces enjeux d’efficacité et de création de valeur se cache un enjeu de productivité, notamment dans un contexte où les équipes de com interne sont parfois moins staffées : produire plus vite, plus ciblé, plus créatif et à plus grande échelle. L’IA générative est l’outil clé pour y parvenir : elle permet, notamment via le développement de GPTs dédiés, de personnaliser l’expérience collaborateurs, de créer des contenus engageants et pertinents, et d’industrialiser toute our partie de la production de contenus tout en amplifiant l’impact.
Et vous, comment réinventez-vous votre communication interne pour en faire un levier d’engagement ?