Tribune

Et si on arrêtait de parler de durabilité pour enfin la faire vivre ?

Et si on arrêtait de parler de durabilité pour enfin la faire vivre ?

Isaac Smadja

Directeur Conseil - Impact & RSE

Pendant des années, le mot “durabilité” s’est imposé dans tous les discours, jusqu’à devenir un passage obligé du management, du marketing et des politiques publiques. Un mot qui rassure, qui coche les cases, qui s’affiche dans les rapports et les campagnes.

Mais à force d’être répété, institutionnalisé, surchargé d’attentes qu’il ne parvient plus à porter, “durabilité” est devenu un réflexe de langage plus qu’une boussole d’action. Un mot qui, à force d’être employé pour tout, ne désigne plus rien de précis.

Il a perdu ce qu’il avait de vivant : la capacité d’émouvoir, d’entraîner, de donner envie d’agir.

Le décalage du langage : quand le durable ne fait plus bouger

Le décalage entre le discours sur la durabilité et la réalité de sa mise en œuvre ne vient pas d’un manque de volonté, mais d’un épuisement du récit qui la porte. Nous avons, collectivement, perfectionné le dire au point d’en oublier le faire.

Nous avons saturé l’espace public de concepts - RSE, impact, empreinte, neutralité, matérialité - jusqu’à en perdre la raison d’être : relier des actions humaines à un projet collectif.

Le mot “durabilité” ne mobilise plus car il n’incarne plus d’expérience. Il rassure les directions, il satisfait les régulateurs, mais il ne dit plus rien à celles et ceux qui, chaque jour, font vivre la transformation sur le terrain. Et dans cet écart entre la parole stratégique et la réalité vécue, une grande part de notre énergie collective se dissipe.

Faut-il encore dire “durabilité” pour être durable ?

Peut-être pas. Ou du moins, pas comme avant.

Le mot “durabilité”, à l’origine, portait une idée puissante : celle d’un progrès qui s’inscrive dans le temps. Mais il s’est figé dans une langue de la conformité et de la contrainte. Il évoque le devoir, là où il faudrait redonner du désir.

Nous n’avons pas besoin d’une meilleure traduction de sustainability. Nous avons besoin d’un nouveau vocabulaire du réel : des mots simples, situés, partagés. Des mots qui donnent envie de faire : tenir, réparer, relier, transmettre, rendre possible. Des mots qui ne décorent pas la réalité, mais qui la rendent praticable.

Le défi des prochaines années ne sera pas d’inventer de nouveaux indicateurs, mais de retrouver des mots capables d’unir : ingénieurs, communicants, dirigeants, citoyens. Une langue claire, mesurable, mais aussi désirable.

Repenser le langage de la transition, ce n’est pas un luxe rhétorique : c’est une nécessité stratégique. Car les mots façonnent nos horizons d’action. Et si, ensemble, nous réinventions des mots qui ne décrivent pas seulement la transition… mais la font exister ?

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